Première grande mesure qui était un secret de polichinelle : l'enseignement dans le primaire se fera du lundi au vendredi dès la rentrée prochaine, la semaine passant de 26 à 24 heures.
Cette nouvelle organisation horaire sera "au service d'une réforme culturelle", a insisté le ministre. "Pendant des années on a voulu augmenter le nombre de connaissances, de compétences, d'informations, sans se soucier de la cohérence pédagogique (...). Le projet de programme remis aujourd'hui est le fruit d'un travail de plusieurs mois". Ces programmes sont "plus courts" (ndlr : 36 pages au lieu de plus d'une centaine), "écrits dans un langage clair et précis" et "conçus pour être aussi lus par les parents d'élèves".
Concernant le contenu des programmes, Xavier Darcos a tenu à souligner 5 changements majeurs :
-Le programme de primaire prévoit désormais des horaires précis par disciplines. Ainsi, par exemple, le volume hebdomadaire du Français sera de 10 heures en cycle 2 et de 8 heures en cycle 3. Les élèves auront également le droit à une heure de sport supplémentaire.
-Priorité est donnée à l'enseignement de la grammaire, du vocabulaire et de l'orthographe. "Cela est prévu de manière explicite", précise le ministre. En mathématique, "les techniques opératoires seront renforcées". A la fin du CM2, outre la multiplication, les élèves devront aussi maîtriser la division et la règle de trois pour entrer en 6e. "Le calcul mental sera encouragé" et "l'Histoire s'apprendra désormais à l'école primaire à travers la chronologie et les grands personnages".
-L'ouverture des élèves sur d'autres formes de connaissances, notamment l'histoire des Arts, avec un programme dispensé en CM2 concernant six périodes précises. Un minimum de 20 heures annuelles seront ainsi prévues en cycle 3. Les élèves seront également sensibilisés au développement durable.
-L'introduction d'une "instruction civique et morale" qui "doit permettre à l'enfant de découvrir progressivement les valeurs, les règles qui régissent les relations sociales" et "les règles de la vie démocratique". Cet apprentissage pourra se faire notamment à travers la présentation de maximes comme "la liberté de l'un s'arrête là où commence celle d'autrui". Ils apprendront également les traits constitutifs de la nation française, du traité européen et de la francophonie.
-En maternelle : il faut mieux préparer les élèves à l'apprentissage de l'écriture, de la lecture et du calcul.
Des stages pour les élèves en difficulté
Par ailleurs, chaque élève présentant des lacunes bénéficiera de stages d'une semaine pendant les vacances scolaires avec trois heures d'enseignement de français ou de mathématiques par jour. Des cours qui seront dispensés par des "professeurs volontaires rémunérés avec des heures supplémentaires".
Le ministre a une nouvelle fois insisté sur le fait "qu'aucune méthode ne sera imposée aux enseignants pour enseigner" ce programme. "Je serai simplement vigilant à ce que ce programme contribue à l'amélioration significative des résultats des écoles". Des évaluations des élèves seront faites en CM2 mais qui ne seront "ni une condition de redoublement ni un examen d'entrée en 6e", a précisé Xavier Darcos. Le ministre a également rappelé que ces programmes allaient être "soumis à l'examen des enseignants pendant trois mois. J'attends des remarques". "Transmettre le savoir c'est guider l'élève vers une forme de liberté. Nous avons désormais un devoir de réussite pour tous à l'école primaire", a conclu le ministre.
• Le gouvernement s'est engagé à réaliser 5.000 constructions et 7.000 réhabilitations de logements étudiants par an jusqu'en 2012.
C'est une des revendications souvent portées au fronton des manifestations étudiantes. Le gouvernement s'est engagé vendredi à répondre au problème du logement pour les étudiants. 5.000 seront construits et 7.000 réhabilités, chaque année, jusqu'en 2012. Le montant de ce plan ? 620 millions d'euros sur quatre ans.
Rappelant qu'il y avait 155 millions d'euros consacrés dans le budget 2008 au logement étudiant, la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a déclaré que «si cet effort 2008 se poursuit sur les quatre années qui viennent, cela fera 620 millions d'euros consacrés au logement étudiant».

